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Le
matin du lundi 12 février, Mike Brant est à Toulouse pour
enregistrer son nouveau 45 tours. Il vient de descendre de l'avion
qui l'amène de Paris. Quelques amis sont venus avec lui, la séance
est prévue pour 9 heures, les musiciens sont là, tout semble prêt
pour la création d'un nouveau tube. Soudain, au moment de pénétrer
dans les studios, Mike s'effondre ! D'une voix lasse, découragée il
déclare :
«J'abandonne
! je n'en peux plus !»
Epuisé...
Pourquoi cette dépression subite, alors que Mike parlait depuis
longtemps de ce prochain disque et semblait y tenir tout
particulièrement ?
C'est assez simple à comprendre. Depuis quelques jours, Mike mène
une vie infernale. Après son super gala de Lyon, le 2 février, il a
eu à peine le temps de passer quelques jours de vacances à Genève ;
et là encore, toujours pourchassé, traqué par ses fans, il n'a
jamais eu le temps de se détendre vraiment, de respirer. A peine
rentré, le soir du 9, il a dû assurer quatre galas, dans quatre
villes différentes et cela en deux jours ! Aussi, ce matin du 12,
Mike, complètement épuisé, physiquement et moralement, «craque»...
Un instant, il croit qu'il va lui être impossible de réaliser cette
nouvelle performance : chanter en quelques heures à peine ce qui
doit être ses nouveaux succès !
Perfectionniste, Mike refuse de faire du bon travail dans de
mauvaises conditions. Chacun autour de lui s'inquiète, Mike va-t-il
vraiment abandonner ? On l'encourage, on le presse de tenter un
essai. Les techniciens sont déjà en place, et lorsque Mike,
courageusement passe enfin derrière le micro, l'inquiétude est
grande !
Il
surmonte sa fatigue...
Pourtant, sa voix est parfaite, elle ne semble pas du tout marquée
par la fatigue. Mike a travaillé depuis pas mal de temps sur cette
chanson et il suffit d'une seule prise pour enregistrer correctement
le premier couplet ! Mike encore tendu, vient écouter dans la cabine
de son. Il n'est pas encore tout à fait satisfait. Il recommence...
cette fois, c'est parfait. Et Mike peu à peu se reprend, oublie sa
fatigue, sa peur.
Dans le refrain, égal à lui-même, il se donne à fond, vit
intensément sa chanson. Inlassablement, à la moindre petite erreur,
il recommence, travaille les nuances de sa voix, recherche au plus
profond de lui-même de nouvelles inflexions, et chante avec toute sa
passion, sa chaleur habituelle. Tout le monde, émerveillé, ravi,
retrouve le vrai Mike Brant.
Cette fois, c'est gagné ! Un nouveau «
tube » est né ! En écoutant la bande
finale, Mike sait qu'il a réussi ! Fou de joie, il téléphone
immédiatement à son producteur pour lui faire part de son bonheur.
Non ! il n'abandonne pas ! loin de là ! il lui tarde déjà de
recommencer à travailler, de partir en galas, de composer, de
chanter ! Mais en attendant, dans un des meilleurs hôtels de
Toulouse, un merveilleux lit l'attend...
SUPER GÉANT - mars 1973 |